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Espèces allochtones et autochtones

L’environnement n’est pas une photographie, il est dynamique. Plutôt que de parler de  conservation, il vaut mieux parler de  remettre en route, de permettre, la dynamique des écosystèmes – P.Y. Gouyon

L’écosystème et les espèces évoluent, au fil du temps, s’adaptent aux contraintes nouvelles qui s’imposent à eux. La Nature est impitoyable, une espèce s’adapte ou disparait. Ainsi, chaque écosystème accueille des espèces généralistes et spécialistes. Elles cohabitent. En prenant pour perspective l’écosystème on observe trois types d’espèces: les résidentes, les migratrices, les étrangères.
Les espèces résidentes occupent une place particulière, parfois unique, dans l’écosystème: cette place est appelée une niche écologique.Celles-ci sont parfois appelées endémiques, quand elles n’existent que dans un seul endroit. Plus scientifiquement, on les appellent des espèces autochtones.
Les espèces migratrices se sont adaptées à plusieurs écosystèmes, au long voyage qui les séparent. Je ne saurais dire comment elles sont classées: allochtones ou autochtones.
Les espèces étrangères ont été introduites par l’homme. Elles s’installent dans un écosystème différent de celui qui les a vus naître.Certaines sont invasives d’autres non. Plus scientifiquement, on les appelle des espèces allochtones.

Espèce vs Interactions

Il existe trois niveaux pour comprendre la biodiversité [x].  Seulement, cette définition échoue à présenter la complexité des interactions si importantes pour le maintien des services écologiques dont l’homme à besoin pour pérenniser son mode de vie.

La biodiversité est la fraction vivante de la nature. Elle peut se comprendre facilement : Entrer par le concept d’espèces est peu évocateur contrairement à une introduction par les interactions. – J.Weber -


Différentes échelles d’interactions sont pertinentes à observer:

Paysage: Assemblage d’écosystèmes qui présentent un certain niveau d’intégration, une certaine cohérence entre eux, et qui peuvent être distingués d’autres ensembles d’écosystèmes.

Écosystème: Assemblage dynamique constitué d’une communauté d’organismes et de son environnement abiotique.

Communauté: Assemblage d’espèces dans une aire géographique donnée, le plus souvent à l’intérieur d’un même écosystème.

Espèce: Il existe trois catégories de définition de l’espèce . L’espèce biologique est définie comme un groupe d’individus interféconds isolés reproductivement des autres groupes. L’espèce évolutive est définie comme une séquence de populations ancêtres-descendants évoluant séparément des autres et possédant son propre rôle et ses propres tendances évolutives. L’espèce écologique est définie comme une lignée qui occupe une zone adaptative différente de celles des autres lignées dans son aire de répartition et qui évolue séparent de toutes les lignées extérieures à cette aire.

Population: Lorsque les individus d’un groupe d’une même espèce ont plus de chance de se reproduire entre eux qu’avec d’autres individus on dit qu’ils constituent une population. Il s’agit d’un sous-ensemble de l’espèce. . A l’exception de certaines espèces endémiques, des membres d’une même espèce peuvent se retrouver dans des écosystèmes très distants: il a été suggéré que la notion de population prévale sur celle d’espèce.

Interactions, chaîne trophique et espèce-clé

La chaîne trophique, ou chaîne alimentaire, désigne une communauté d’espèces dépendantes les unes des autres : elles se mangent entre elles. Cette relation est l’une des interactions les plus connues entre espèces.

Lors de l’étude d’un écosystème particulier, il est pertinent d’examiner l’état de santé de l’espèce à la base ou au sommet de la chaîne trophique : on appelle cette espèce, une espèce-clé ou une espèce sentinelle ou enfin une espèce parapluie.

Si la première espèce de la chaîne disparait, c’est son ensemble qui est affecté. Si la dernière espèce (non-humaine) disparait, souvent un grand prédateur carnivore, cela peut signifier qu’une/des espèce(s) à son menu a/ont disparu, au préalable.

Cette étude est pertinente mais pas suffisante pour permettre un diagnostic complet de l’état de santé de l’écosystème, il ne s’agit là que d’un indice.


Espèce spécialiste & Espèce commune

Devant le changement, une espèce doit s’adapter pour survivre et conserver sa place au sein de l’écosystème qui l’accueille.  Elle puise sa force  dans sa population et la diversité de ses gênes en se reproduisant.

Une espèce dite spécialiste est associé à un type particulier d’écosystème. Son rôle, son trait fonctionnel, sera singulier, ou peu facilement substituable au sein de la chaîne alimentaire. Si elle disparait c’est un maillon de la chaîne qui disparaît et l’écosystème devient instable.

Une espèce généraliste, ou commune, peut s’adapter aux changements et à des écosystèmes différents. Si elle disparait, elle pourra être plus facilement remplacée, par une espèce au trait fonctionnel identique, que l’espèce spécialiste.

Espèce ordinaire : la discrimination écologique

L’expression « espèce protégée » sous-entend que certaines espèces le sont, d’autres ne le sont pas. Derrière ce syllogisme se cache pourtant une donnée essentielle : certaines espèces ne sont pas considérés menacées ; pour l’homme cela veut dire qu’il peut en disposer à loisir.

Ce n’est pas le propos de cet article mais Virginie Maris, philosophe de la biodiversité, dans son livre Philosophie de la Biodiversité, soulève cette question avec justesse : « A ceux qui demandent pourquoi protéger la biodiversité ?, il faudrait répondre pourquoi la détruire? ».

Les espèces communes, ou ordinaires, celles qui ne sont ni spécialistes, ni menacées, présentes dans de nombreux écosystèmes, sont considérées comme sacrifiables.

Cependant, et j’en suis fort aise, l’émergence du concept de service écologique, permet de se rendre compte, que l’écosystème a besoin des espèces communes, non en-danger,  pour se maintenir : il faut donc les protéger également.

Par ailleurs, il existe une autre forme de discrimination écologique : une étude menée par Morgan Trimble, de l’université de Prétoria (Afrique du Sud) explique que les scientifiques et les ONG mettent d’abord en avant les espèces les plus « jolies », celles qui toucheront le mieux le public : ainsi les espèces les plus populaires sont mieux protégées au détriment des autres, ne représentant pas leur degré d’importance pour le maintien de la santé des écosystèmes.

Inventaire écologique & science participative

Procéder à un inventaire écologique consiste à répertorier l’ensemble des espèces végétales et animales présentes au sein d’un écosystème définit. Ce travail, mis en perspective sur plusieurs années, permet d’évaluer l’état de santé de l’écosystème.

Comment faire un inventaire ? On m’a appris que pour procéder à celui-ci il fallait faire preuve d’humilité. C’est-à-dire qu’il est impossible de relever toutes les espèces, recenser toutes les populations.

J’ai entrepris, avec l’Association des Naturalistes des Yvelines, plusieurs inventaires ornithologiques pour le compte d’entreprises ou de collectivités : il s’agit de définir des points d’écoute répartis sur le territoire à étudier, idéalement distants de 500 mètres, pour ne pas entendre et voir les mêmes spécimens, de se munir d’une paire de jumelles puis d’écouter et observer son environnement.  A ce titre, la présence d’un naturaliste d’expérience à mes côtés a été très pédagogique.

Quoi faire de cet inventaire ? D’aucun envisagerait de procéder à une modélisation mathématique pour extrapoler une population totale, mais cela est fort hasardeux et particulièrement complexe à mettre en place. D’autres, et c’est une approche plus juste, se contente de calculer un taux de variation dans le temps, à mesure que les inventaires se multiplient au fil des ans.

Cette approche est valable pour une surface restreinte et sans jamais perdre de vue qu’une espèce manquante d’une année sur l’autre, peut avoir simplement fais son nid deux kilomètres plus loin, sans avoir disparu. Il est possible de participer à l’effort de recensement, pour multiplier les relevés et couvrir le plus de territoire. Aujourd’hui cette démarche s’appelle la science participative.

En région parisienne, par exemple, il est possible de participer à l’opération Sauvages de ma rue, lancée, cette année, par le Muséum Nationale d’Histoire Naturelle. Il s’agit de recenser les plantes urbaines, aidé d’un guide d’identification.

Sur l’ensemble du territoire français, vous avez l’opportunité de participer à l’opération Spipoll, lancée également par le Muséum, l’an dernier, pour identifier les espèces pollinisatrices et les plantes pollinisées. Leur site permet de correctement identifier l’insecte et la plante.

Ecosystème, Résilience & Services Ecosystémiques

Un écosystème recouvre l’ensemble des espèces de faune et de flore vivant dans un environnement physique déterminé et interagissant entre elles.  Cet ensemble forme une unité écologique fonctionnelle dynamique.

La résilience correspond aux capacités d’un écosystème confrontés à des perturbations:

  • De faire face puis de se réorganiser en gardant la même structure, les mêmes fonctionnalités.
  • De maintenir un état favorable à la production de services écologiques.

Le maintien durable des écosystèmes et de leur bon fonctionnement représente un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité et pour la sauvegarde des services qu’ils nous rendent (amélioration de notre bien-être) par le biais des fonctionnalités écologiques.

Les fonctions écologiques sont des processus biologiques  qui permettent le fonctionnement et le maintien des écosystèmes (lutte contre les perturbations extérieures) et qui sont à l’origine des services écologiques (bénéfices retirés par l’homme des processus biologiques).

Espèce prioritaire, espèce d’intérêt communautaire

Informée des rapports de l’UICN, l’Union Européenne a définit des espèces prioritaires à protéger.

Espèces d’intérêt communautaire (ou prioritaires):

  • Celles qui sont dites menacées, selon le Rapport de l’UICN.
  • Celles qui sont rares, c’est-à-dire dont les populations sont de petite taille et qui, bien qu’elles ne soient pas actuellement en danger ou vulnérables, risquent de le devenir. Ces espèces sont localisées dans des aires géographiques restreintes ou éparpillées sur une plus vaste superficie.
  • Celles qui sont endémiques et requièrent une attention particulière en raison de la spécificité de leur habitat et/ou des incidences potentielles de leur exploitation sur leur état de conservation.

Espèce menacée

On regroupe sous l’expression « espèce menacée » trois paliers différents. Ces paliers ont été déterminés par l’association UICN.

Une espèce menacée est une espèce qui est déterminée, par ce classement, comme étant:

  1. En danger critique d’extinction.
  2. En danger.
  3. Vulnérable.
Source: Rapport UICN

Une espèce vulnérable peut potentiellement être en danger si les facteurs de son déclin persistent.

Une espèce est en danger si elle s’apprête à disparaître.

Une espèce en danger critique d’extinction est en train de disparaître.

Chaque échelon est défini grâce à des critères très spécifiques, et que je ne saurai vous expliquer simplement dans l’état actuel de mes connaissances. Voici un document qui peut vous aider à comprendre en détail.

L’extinction de la biodiversité

Une espèce se définit comme un ensemble d’êtres vivants qui se ressemblent, se reproduisent et ont des descendants fertiles. À partir d’une telle communauté, une population isolée peut se différencier suffisamment pour que la reproduction entre ses membres et ceux de la population d’origine ne soit plus possible dans les conditions naturelles. C’est ainsi qu’apparaissent des espèces nouvelles, selon un processus qui est à la base de l’évolution.

L’extinction d’une espèce est un phénomène qui fait parti du cycle de la sélection naturelle.

Par exemple, il y a 220 millions d’années, 95% des espèces ont disparu de la surface du globe. Le processus a pris des millions d’années. La vie est capable de se reconstituer à partir de ces 5% restants, ce qui explique l’estimation selon laquelle près de 10 à 15 millions d’espèces différentes vivraient, aujourd’hui, sur notre planète. Nous n’en avons recenser qu’environ 1,7 millions.

Ce n’est pas l’extinction des espèces qui est alarmante, mais son rythme, cent à mille fois supérieur à un rythme naturel.

L’homme est responsable de l’accélération de ce phénomène. Une espèce peut reconstituer son effectif, à condition de lui laisser le temps, le territoire et les denrées nécessaires pour cela. L’homme exerce une pression considérable sur ces trois éléments. Il ne faut pas oublier que nous n’étions que trois milliards en 1960, nous sommes aujourd’hui presque sept milliards.

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